Cette année, à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, les Nations Unies souhaitent que nous réfléchissions à ce que nous pouvons faire pour autonomiser les personnes handicapées. En tant que syndicat, nous travaillons notamment à faire en sorte que tous les employés peuvent se sentir intégrés et valorisés.

En ce qui a trait des mesures d’adaptation en milieu de travail, nous nous concentrons souvent sur l’obligation de l’employeur de prendre des mesures d’adaptation. La Charte canadienne des droits et libertés de la personne est claire: personne ne devrait faire l’objet de discrimination fondée sur un handicap physique ou mental. C’est le devoir de l’employeur de créer un lieu de travail sans obstacles, permettant à chacun d’exploiter pleinement son potentiel.

Cependant, dans la pratique, les travailleurs blessés ou malades se battent souvent contre la stigmatisation sur de nombreux fronts. Cela a été particulièrement bien illustré par une étude qualitative effectuée par Dr. Sharon-Dale Stone: Travailleurs sans travail: travailleurs blessés et bien-être.

L’étude met en lumière l’expérience des travailleurs blessés.

Avec ma famille, je pense avoir été totalement rejeté, car je ne travaillais pas. Mon père est très traditionnel, vous savez, vous ne manquez jamais une journée. Vous travaillez et vous travaillez, qu’il pleuve ou que vous ayez mal, peu importe.

– Homme, ancien opérateur de bulldozer

De plus, les travailleurs blessés qui retournent au travail sont parfois ostracisés par leurs propres collègues.

Mes collègues sont autre chose. Ils vous font sentir bien petit, parce que vous ne pouvez pas faire quelque chose. Et ils l’ont exprimé. « Faut-il tout faire ici? » Et je n’apprécie pas qu’ils me le frottent au visage. Parce qu’une blessure n’est pas juste- elle pose beaucoup d’autres problèmes que vous devez traiter. Donc, vous n’avez pas besoin de cela. Vous n’avez pas besoin des conneries de la part des collègues qui ne comprennent pas.

– Femme, commis au service à la clientèle

Avant cela, nous étions […] nous aurions peut-être été assis au bar ensemble toute la soirée. Ou nous aurions passé le week-end ensemble […] peu importe. Mais vous savez, dès que j’ai été blessé, hé, vous êtes exclu. Vous êtes hors du groupe.

– Homme, ancien ouvrier du bâtiment

Malheureusement, les travailleurs blessés et ceux qui souffrent d’une invalidité ou d’une maladie invisible se heurtent trop souvent à la méfiance et à l’incompréhension de la part des institutions, des employeurs, de la famille et des collègues. Les mesures d’adaptation en milieu de travail sont primordiales – personne ne le conteste. Les employeurs sont tenus de le respecter. Mais en tant qu’employés et membres de syndicats, nous pouvons également jouer un rôle dans la création de lieux de travail inclusifs et accueillants pour les travailleurs blessés.

Nous pouvons commencer par reconnaître et lutter contre la stigmatisation.