L’article ci-dessous paru dans le Hill Times en anglais le 6 avril dernier. Il est traduit en français pour votre commodité.

L’Union canadienne des employés des transports (UCET) représente les employé(e)s de Transports Canada qui sont responsables de la sûreté et de la sécurité des voyageurs et voyageuses, À certains égards, le gouvernement libéral a reconnu l’importance de ce mandat par la création d’une Stratégie nationale de transport dont le but est d’essayer d’améliorer les grands projets de transports publics tout en collaborant avec ses homologues provinciaux et municipaux. Malheureusement, la récente annonce budgétaire fait ressortir le manque de financement et de compréhension pour les secteurs qui relèvent uniquement du champ de compétence fédérale, soit la sûreté du transport aérien, ferroviaire et maritime.

Le gouvernement a réduit de 21 % le budget de Transports Canada de 2016-2017. Certaines compressions découlent de la réaction de dernière minute de ce gouvernement à l’embauche d’inspecteurs et inspectrices par le gouvernement précédent.

Il est extrêmement difficile d’attirer des inspecteurs et inspectrices qualifié(e)s. Afin de pouvoir acquérir les compétences recherchées, les inspecteurs et inspectrices sont généralement embauché(e)s dans le secteur privé où les salaires sont actuellement plus élevés. L’âge moyen d’un inspecteur ou d’une inspectrice se situant dans la cinquantaine, cela entraîne un taux de départ naturel beaucoup plus élevé. La solution imposée par le précédent ministre des Transports consistait à embaucher des inspecteurs et inspectrices additionnel(le)s mais sans leur verser les salaires correspondants. L’UCET est d’avis qu’en imposant des compressions au budget de Transports Canada, le gouvernement libéral fait un pas en arrière.

Les effectifs totaux d’inspecteurs et inspectrices n’ont pas augmenté en plus de 10 ans. Alors que l’on constate des réductions dans le domaine de la sûreté routière et aérienne, on remarque par contre une augmentation dans les secteurs ferroviaires et du transport des matières dangereuses, en réaction à la tragédie de Lac-Mégantic. Parallèlement, le trafic aérien enregistre une hausse de 3 % ou plus par an, et va même plus que doubler de nouveau au cours des dix prochaines années.

Les postes de gestionnaires supérieur(e)s à Transports Canada connaissent une croissance, et la structure d’ensemble de gestion devient plus floue. Il y a en effet deux directeurs généraux à un poste de l’aviation civile qui se marchent sur les pieds pour chapeauter cinq directeurs généraux régionaux. Transports Canada nous a laissé savoir que les directeurs généraux sont les « dirigeants responsables » pour chaque mode, mais seuls les directeurs généraux régionaux siègent au Comité de gestion exécutif.

Nous avons un gouvernement qui augmente de plus de 25 milliards de dollars en un an les déficits budgétaires, mais qui décide néanmoins d’effectuer de sérieuses coupes dans la surveillance de la sûreté des transports. Cette décision repose sur sa conviction selon laquelle les entreprises de transports devraient avoir plus de responsabilités en matière de sécurité, et non moins. Les inspecteurs et inspectrices ne cessent de nous répéter que le gouvernement veut de plus en plus qu’ils et elles « vérifient » le « Système de gestion de la sécurité » d’une société de transports plutôt que de « l’inspecter ». Ne perdons pas de vue que les vérifications sont principalement des exercices théoriques dans le cadre desquels les inspecteurs et inspectrices ne quittent même pas leur bureau.

Il existe par ailleurs une liste de plus en plus longue de nomenclatures et de rôles d’inspection et de vérification qui ont de quoi rendre perplexes même les gens les plus avertis. La comparution de cadres supérieurs de Transports Canada, en tant que témoins, devant le Comité permanent des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités, démontre bien les défis auxquels fait face le Ministère pour régler efficacement les problèmes touchant les inspections, les vérifications, le nombre d’inspecteurs et inspectrices, et la gestion du rendement.

Nous craignons d’autres compressions de postes d’inspecteurs et inspectrices étant donné que Transports Canada s’attend à ce que ce soit les compagnies de chemins de fer et d’aviation, les aéroports, l’industrie maritime et les constructeurs d’automobiles qui s’inspectent elles-mêmes.

Transports Canada doit :

·       Se défaire de sa bureaucratie hiérarchisée et reprendre l’embauche d’inspecteurs et inspectrices. Les nouvelles compressions à Transports Canada ne devraient pas entraîner des suppressions de postes d’inspecteurs et inspectrices ou d’administrateurs et administratrices de première ligne, dont la présence est fondamentale pour la sécurité des transports au Canada ;

·       Remettre en vigueur les inspections directes et inopinées effectuées par des inspecteurs et inspectrices qualifié(e)s, compétent(e)s et ayant suivi une formation adéquate, et leur demander de rendre des comptes qu’à un seul directeur général responsable par mode ;

·       Revenir à la séparation complète entre les fonctions d’inspection et celles de vérification du SGS, et

·       Réduire de façon appréciable les redondances au niveau de la gestion régionale.

Le gouvernement doit bien se souvenir qu’avant tout le mandat de Transports Canada porte sur la sûreté et la sécurité du public qui voyage.

 

Christine Collins

Présidente nationale

Union canadienne des employés des transports (UCET)