Les membres de l’UCET ont fait grandement entendre leur opposition à toute autre recherche de profit concernant les aéroports du pays. Nous sommes d’avis que l’actuel modèle d’administration des aéroports locaux offre les meilleurs avantages possibles à nos collectivités locales et au public qui voyage. Toutefois, ce modèle est menacé non pas seulement par des intérêts corporatifs qui cherchent à pomper les revenus du système, mais par notre propre gouvernement qui recherche, quant à lui, à financer son nouveau régime d’infrastructure.

En effet, l’année dernière le gouvernement fédéral annonçait son intention d’obtenir des conseils auprès du Crédit Suisse AG (services bancaires d’investissement), pour conclure s’il fallait procéder à d’autres ventes de biens de l’État tels que des aéroports et ports fédéraux. Cette annonce fut alors liée à la création de la Banque d’investissements du Canada que le gouvernement espérait utiliser pour attirer davantage de capitaux étrangers au pays. Le problème vient du fait qu’il avait l’intention de permettre à des investisseurs étrangers d’acheter nos précieux biens d’État.

Depuis lors, l’UCET a entrepris une grande campagne très visible dans le but de persuader le gouvernement de conclure qu’une telle façon d’agir n’était pas dans le meilleur intérêt de quiconque, tout particulièrement des contribuables canadiens et canadiennes qui financent déjà les aéroports privés sous réglementation fédérale. À cette fin, l’UCET a préparé un document de principe et tenu une série de rencontres avec des député(e)s de tous les partis, y compris une réunion entre le président de l’UCET, Dave Clark, et le premier ministre, Justin Trudeau, comme on peut le voir ci-dessus.

Nous avons par ailleurs travaillé en étroite collaboration avec un grand nombre d’administrations d’aéroports qui s’opposent violemment à une telle décision, ainsi qu’avec nos partenaires du mouvement syndical, et du Congrès du travail du Canada. Le bureau national travaille avec la Campagne de l’AFPC contre la privatisation pour recueillir le soutien de la population à notre position. Ainsi, nous avons envoyé des cartes postales au premier ministre, ainsi que des lettres aux gouvernements municipaux un peu partout au pays pour leur demander de prendre position sur la future privatisation des aéroports, et rencontré des député(e)s fédéraux et fédérales dans leurs circonscriptions.

Notre préoccupation découle du fait que le gouvernement fédéral poursuit son projet de Banque de l’infrastructure et n’écarte pas d’autres privatisations d’aéroports du Canada, ou d’autres biens publics. Nous sommes tout particulièrement inquiets de la constitution du Conseil d’administration de cette banque. Ainsi, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a passé à la loupe cette liste et, dans un article affiché sur son site Web, précise que cette équipe est tout simplement « prête à privatiser ».

On y lit notamment que la majorité des membres de ce Conseil est liée au monde de la privatisation et à celui de la finance, et que plusieurs ont d’étroites connections avec des projets de privatisation. Un des membres les plus en vue a pour nom James Cherry, ancien président et P-DG de la grande administration aéroportuaire de Montréal, qui a été fortement en faveur de la privatisation des aéroports, et qui siège aussi au Conseil du P3 McGill University Health Centre à Montréal.

Nous exhortons les membres de l’UCET à rester vigilants et à ne pas cesser le combat pour que les aéroports du Canada restent entre les mains des collectivités locales, et sous leur contrôle. L’UCET surveille constamment et de près la situation, et communique des mises à jour périodiques et autres renseignements, selon l’évolution des choses. Nous saisirons par ailleurs toutes les occasions qui se présenteront pour soulever les préoccupations que nous cause l’impact de la recherche du profit.

Si vous désirez nous faire parvenir vos idées et autres suggestions en la matière, envoyez-les au bureau national de l’UCET. Nous aimerions savoir ce que vous en pensez.