Jour de deuil national – 28 avril

Jour de deuil national

Chaque année, le 28 avril, le Canada souligne le Jour de deuil national pour rendre hommage aux travailleurs décédés ou blessés au travail. Selon le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, 951 décès en milieu de travail ont été recensés à l’échelle nationale en 2017, ce qui représente une augmentation de 46 cas par rapport à l’année précédente. Parmi les personnes décédées se trouvaient 23 jeunes travailleurs, âgés entre 15 et 24 ans.

Lorsqu’il s’agit de décès au travail, les jeunes travailleurs sont particulièrement vulnérables. Le manque d’expérience et de formation de ces nouveaux travailleurs peut souvent les placer dans des situations dangereuses. En outre, les jeunes travailleurs sont moins susceptibles de connaître leur droit de refuser un travail dangereux et n’ont pas nécessairement l’assurance nécessaire pour s’exprimer lorsqu’on leur propose des tâches qui comportent des risques.

Comme les jeunes travailleurs, les nouveaux immigrants sont vulnérables, en grande partie pour les mêmes raisons. Comme ils finissent souvent par effectuer un travail physiquement exigeant, les nouveaux arrivants au Canada sont exposés à un risque accru d’accidents de travail.

Cependant, les décès en milieu de travail ne sont pas tous attribuables à des dangers présents et immédiats. Au Canada, l’exposition à l’amiante constitue la principale cause de décès au travail.

Les diagnostics de mésothéliome augmentent de façon constante au Canada. Le mésothéliome est une forme agressive de cancer du poumon, généralement causée par une exposition à l’amiante. Selon le Journal de l’Association médicale canadienne (JAMC), « plus de 80 % des hommes atteints de mésothéliome ont probablement été exposés à l’amiante au travail ».

De plus, le JAMC indique que « l’on compte quelque 2 cas de cancer du poumon relié à l’amiante pour chaque cas de mésothéliome ».

Le risque d’exposition est plus élevé pour les travailleurs des secteurs minier et de la construction.

Il s’agit d’une question particulièrement difficile pour les syndicats et les commissions d’indemnisation des accidentés du travail, parce qu’« on ne diagnostique en général le mésothéliome que 30 ans ou plus après la première exposition ». Les cas diagnostiqués aujourd’hui découlent d’une exposition à l’amiante survenue dans les années 1960, 1970 et 1980. Compte tenu du long délai entre l’exposition et l’apparition des symptômes, nous verrons probablement d’autres décès liés à l’amiante au cours des prochaines années.

En outre, comme les symptômes prennent beaucoup de temps à se manifester, les travailleurs peuvent avoir de la difficulté à démontrer le bien‑fondé de leur cas à une commission d’indemnisation des accidentés du travail; au bout de 30 ans, il peut être difficile, pour les travailleurs, de justifier leur exposition à l’aide de preuves appropriées.

Environ le tiers seulement des travailleurs qui reçoivent un diagnostic de mésothéliome touchent toutefois une indemnité, probablement parce que la plupart ne présentent pas de demande. Les décisions sur les demandes portant sur d’autres cancers pouvant être reliés à l’amiante diffèrent selon la province, et il est probable qu’un pourcentage plus faible de ces cancers aboutissent à une réclamation.

Statistiques canadiennes sur le cancer : le mésothéliome, Loraine D. Marrett, Larry F. Ellison et Dagny Dryer

Il va sans dire que les travailleurs qui sont exposés à l’amiante devraient respecter toutes les consignes de sécurité en vigueur. En outre, on devrait conseiller à ces travailleurs d’aborder la question avec leur médecin, afin que l’exposition soit consignée correctement. Les documents de l’employeur reconnaissant l’exposition devraient également être conservés dans un lieu sûr.

Après des années de production et d’exportation d’amiante, le Canada a finalement instauré une interdiction visant ce minéral à la fin de l’an dernier. L’amiante a été désigné comme un cancérogène connu par l’Organisation mondiale de la Santé en 1987.

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