Le lundi 25 juillet le port de Churchill, propriété de la société OmniTRAX de Denver, a mis à pied son personnel après le début d’une autre saison. Les employé(e)s, au beau milieu de négociations en vue de conclure une nouvelle convention collective, ont été pris(es) par surprise.

« Nos membres ont été complètement pris au dépourvu », a déclaré Teresa Eschuk, vice-présidente régionale de l’Union canadienne des employés des transports (UCET), un des Éléments de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), qui représente les personnels à ce port. « Il n’y a eu ni discussion, ni avertissement, rien du tout. » Les membres ont simplement été convoqués à se rendre à une réunion fixée à 15h30 le lundi après-midi, au cours de laquelle cette nouvelle leur a été communiquée.

« Nous nous inquiétons fortement pour l’ensemble de la communauté », a indiqué Marianne Hladun, vice-présidente exécutive régionale à l’AFPC. « Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas d’autre employeur en ville pouvant absorber ces travailleurs et travailleuses. » Après la fermeture de la Commission canadienne du blé, le nombre d’employé(e)s au port de Churchill n’a cessé de diminuer. On recensait une soixantaine d’employé(e)s syndiqué(e)s au port l’année dernière. L’UCET/AFPC anticipait le retour d’au moins autant de personnes pour cette saison.

La ville de Churchill au Manitoba est une toute petite communauté de quelque 800 personnes, dont l’accès ne peut se faire que par chemin de fer ou les airs. Le port de Churchill était le plus grand employeur en ville, comptant environ 10 pour cent de la population durant les opérations saisonnières.

La société Omni TRAX, propriétaire du port de Churchill, refuse toute communication avec l’Union. En fait, Merv Tweed aurait dit que « dans une certaine mesure, notre entreprise a beaucoup trop été d’un intérêt public. Nous sommes une entreprise privée, qui traite des affaires privées. »

« On ne nous a rien dit de tout cela », a fait savoir Marianne Hladun à propos des licenciements. « Nous n’avons cessé durant des mois de demander des renseignements sur la vente possible de l’entreprise, mais on nous a totalement ignorés. Je ne suis pas surprise de ce manque de communication sur ce point. »

L’UCET/AFPC cherche activement à obtenir des réponses auprès d’OmniTRAX, et s’engage à collaborer avec les autres parties prenantes. « Le port de Churchill n’est pas simplement un lieu de travail, mais constitue plutôt une partie intégrante de la ville. La fermeture éventuelle du port pourrait bien sonner la fin d’une communauté du Nord en difficulté », a ajouté Teresa Eschuk.