C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès récent du confrère Guy Jacob, ancien président national de l’UCET et vice-président de l’AFPC.

M. Jacob est devenu président de l’UCET en 1972, au cours de notre deuxième congrès; il a été réélu deux fois, en 1975 et en 1978.

Cependant, six mois après le début de son troisième mandat, M. Jacob s’est porté candidat au poste de troisième vice-président pendant le congrès de l’AFPC de 1979. Des jours avant son élection, l’Ottawa Citizen avait indiqué que le « grand patron de l’UCET » était le candidat favori, parmi plusieurs, pour remplacer le titulaire du poste.

M. Jacob a toujours été fier de son syndicat. Ce n’était pas un syndicat radical, maintenait-il, c’était un syndicat militant – un syndicat que le gouvernement ne devrait pas contester sans y réfléchir à deux fois.

Au moment où l’AFPC a tenu son congrès de 1982, le Canada faisait face à une récession; 426 000 Canadiens avaient perdu leur emploi à la suite de licenciements dans les industries du secteur public. Le gouvernement fédéral cherchait à imposer un programme de contrainte salariale dans le secteur public en tant qu’option pour juguler l’inflation. C’est dans ce contexte politique que les délégués ont élu plusieurs nouveaux dirigeants syndicaux, « plus jeunes, plus radicaux », dont le président de l’AFPC, Pierre Samson, qui souhaitait que l’AFPC devienne « un syndicat plus activiste et progressiste pour défendre les droits des fonctionnaires ».

M. Jacob a été l’un des deux seuls hauts fonctionnaires à réussir à se faire réélire cette année-là.

Après le congrès, l’équipe de rédaction du Calgary Herald a affirmé que le nouveau leadership « radical » de l’AFPC avait des « répercussions inquiétantes sur la paix sociale dans le secteur public fédéral ».

« Le militantisme dans la fonction publique fédérale serait totalement déplacé dans le contexte économique actuel. Le public, qui servira inévitablement de bouc émissaire, est peu susceptible d’accepter une telle attitude de la part de fonctionnaires. »

M. Jacob a répliqué dans une lettre cinglante adressée au rédacteur en chef, décriant le portrait qui a été fait du leadership de l’AFPC et de ses effets sur la paix sociale en le qualifiant de « journalisme sensationnalisme ».

Mais M. Jacob n’a pas mâché ses mots : « Mon but est de promouvoir une image plus agressive pour notre syndicat. »

« Nous espérons que l’avenir des relations de travail dans la fonction publique fédérale sera fondé sur le respect mutuel et la compréhension, a-t-il écrit. Nous croyons sincèrement qu’un tel environnement peut exister, pour autant que le gouvernement fédéral soit prêt à tenir des négociations de manière professionnelle et que la politique des boucs émissaires économiques ne soit pas amenée à la table de négociation. »

« À notre avis, les fonctionnaires fédéraux sont des hommes et des femmes honnêtes et respectables, qui travaillent dur et qui paient leur pleine part d’impôt; ils ne devraient pas être tenus de subventionner le gouvernement du Canada à coup de faibles salaires ou de conditions de travail déplorables. »

M. Jacob a ajouté que, s’il s’agissait d’une position militante, les fonctionnaires étaient alors peut-être les vrais boucs émissaires.

Le confrère Guy Jacob était un dirigeant syndical impitoyable et imperturbable. Il a pris sa retraite en 1985 et a continué de défendre les fonctionnaires au sein de l’Association nationale des retraités fédéraux.

Il est décédé le 28 mars 2019, à l’âge de 91 ans. Pour obtenir des renseignements sur les funérailles, veuillez cliquer ici.

Guy Jacob (à droite) empêchant une voiture de traverser la
ligne de piquetage pendant la grève des préposés au nettoyage et à
l’entretien du Centre national des Arts, en 1983.