Le syndicat qui représente les travailleurs et travailleuses à l’administration aéroportuaire de Winnipeg (AW0) craint que les voyageurs et voyageuses risquent de rencontrer d’autres problèmes tout simplement parce que l’arrêt de travail à cet aéroport est artificiellement prolongé. Dave Clark, président national de l’Union canadienne des employés des transports (UCET), a déclaré ce jour être inquiet du recours à des personnels de remplacement n’ayant pas suivi la formation adéquate, et aussi de la récente injonction d’un tribunal qui limite les activités légales des grévistes.

« En premier lieu, il nous a fallu faire face au recours à des personnels de remplacement qui ne connaissent pas nos emplois, nos protocoles de sécurité, ni nos systèmes de maintenance ou encore nos horaires de travail », a déclaré Dave Clark. « Il se trouve que maintenant les travailleurs et travailleuses en grève ont été limité(e)s à défiler dans un secteur la taille d’un timbre-poste et ce, de façon à ce que les opérations de l’employeur ne soient pas perturbées. C’est pourtant à cela que sert une grève ! »

L’utilisation de contractuel(le)s n’ayant pas de formation pour entretenir les terrains et installations de l’aéroport, et pour remplacer les quelque 150 employé(e)s, y compris les directeurs/directrices de service, personnels administratifs, divers gens de métiers, spécialistes de la TI, agent(e)s d’entretien des terrains d’aviation et autres manœuvres, est autorisée par la loi fédérale. Cela rassurera bien peu le public qui voyage, a ajouté Dave Clark. « L’aéroport prétend avoir besoin de ces personnels de remplacement et aussi des restrictions imposées à la ligne de piquetage, d’après des règlements sur la sécurité et la sûreté décrétés par la loi. Que dire du personnel mal formé qui va s’occuper de l’entretien des équipements et matériels sensibles de l’aéroport ? Il s’agit d’une préoccupation bien réelle, et non imaginaire, qui relève de la sécurité et de la sûreté. »

En outre, l’injonction touchant la ligne de piquetage dans certains secteurs de l’AAW, comme le garage à étages, semble bien exagérée aux yeux des grévistes. Ils et elles font remarquer qu’une importante grève déclenchée par quelque 700 bagagistes à l’aéroport international de Pearson n’a entraîné aucune sanction contre ces travailleurs et travailleuses ni restriction d’ailleurs à leur droit de piquetage ou à leurs droits de s’exprimer librement. « Allons-nous vraiment croire que l’AAW a des risques à sa sécurité plus élevés que ceux de L’aéroport Pearson ? »

« Bien entendu, les personnels à l’aéroport de Winnipeg vont obéir aux ordres de cette injonction, mais nous n’en gardons pas moins le droit de parler haut et fort du traitement que cet employeur leur réserve, ni du système juridique », a précisé Marianne Hladun, vice-présidente exécutive régionale des Prairies de l’AFPC. « Selon nous, les actions prises dans les deux cas ont fait basculer les négociations en faveur de cette administration aéroportuaire, et ne font que retarder un règlement éventuel de ce différend. » Le syndicat a décidé d’en parler en public maintenant dans l’espoir non seulement d’abréger la durée de cette grève, mais aussi de s’assurer que les voyageurs et voyageuses ne rencontreront aucun problème à leur sécurité et sûreté à destination et en provenance de l’aéroport de Winnipeg.

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