Aujourd’hui en cette journée internationale de la jeunesse, je vais vous parler d’une expérience personnelle qui arrive à la majorité des jeunes – ceux essaient de construire une carrière, mais qui se font seulement offrir des contrats. La vie de contractuel peut être parfois très excitante. Avec une date de début et de fin, cela nous permet de partir en voyage et de nous trouver de nouveaux contrats à notre retour. J’ai eu ce style de vie pendant 4 ans. Cette vie vient aussi avec des côtés plus négatifs

J’ai terminé l’université à l’âge de 21 ans et j’ai commencé à « prendre de l’expérience » avec des compagnies qui offraient des contrats. Au début, je trouvais ça génial, parce que je pensais que c’était la façon de faire. J’ai réalisé que ce n’était pas le cas lorsque j’ai eu une offre d’emploi permanente.

On me parle de congés de maladie, de congés payés et de différentes assurances dont je ne connaissais pas l’existence. Je disais combien j’étais surprise, mais on m’a dit que c’était la normalité et que tous les travailleurs devraient avoir droit à ces bénéfices. J’ai donc pu commencer à faire des plans à long terme. Ce n’était même pas quelque chose qui existait dans mon vocabulaire. Honnêtement, dans mon entourage, sur environ 10 personnes, seulement 2 ou 3 ont un emploi permanent avant l’âge de 30 ans et, sur 3 professionnels, seul 1 est protégé par un syndicat.  

La majorité d’entre nous est au courant que plusieurs employés sont des gens d’expériences. Nous voulons l’opportunité d’apprendre. Nous voulons continuer le bon travail accompli durant les dernières années et apporter des nouveautés. Si nous postulons un poste où vous êtes déjà employés, c’est parce que nous respectons l’entreprise et que nous sommes excités à l’idée de faire partie de votre équipe. Nous aimerions faire partie d’une équipe où le climat est chaleureux et ouvert d’esprit. Cependant, ceci serait dans un monde idéal. Je fais maintenant parti d’une équipe extraordinaire qui m’accepte et qui m’apprend des choses à tous les jours sur les droits de la personne ou les droits des travailleurs. La plupart des jeunes de ma génération n’ont pas cette chance. Mes nouveaux collègues m’ont fait réaliser que la vie de contractuel est une vie très stressante et que la jeunesse mérite de meilleures conditions de travail.

Malgré les rumeurs au sujet des jeunes qui ne veulent pas travailler, nous voulons majoritairement vous montrer ce que nous avons à vous apporter. Nous avons de nouvelles idées, avec des expériences de vie différentes. Nous voulons nous faire écouter. Je parle aujourd’hui en mon nom, celui mon entourage et des jeunes qui veulent travailler et faire avancer les choses.

C’est beau en parler, mais comment régler ce problème ?

Je vais vous relater un fait qui peut être choquant et qui pourrait vous toucher ou toucher quelqu’un vous connaissait. Je me demandais comment, lors d’un stage, on pouvait me demander de faire un site web et du design graphique seule et, ce sans aucun revenu. Je ne recevais même pas le salaire minimum que des jeunes de 15-16 ans faisaient en travaillant dans des épiceries ou des chaînes de restaurations rapides.

Je crois que si ces entreprises avaient eu un syndicat, ils n’auraient pas eu d’autre choix que d’offrir au moins le salaire minimum. J’aurais au moins mon loyer et mon épicerie sans avoir plus de dettes que j’en avais déjà. Le monde des jeunes travailleurs, en particulier ceux qui sont des étudiants, stagiaires ou sous contrat, est propice aux abus et à l’exploitation par des employeurs.

C’est en sortant du collège ou de l’université que nous avons le plus besoin d’aide financière. C’est à ce moyen que les employeurs trouvent le moment de rabaisser notre expertise à du bénévolat pour économiser de l’argent ! Il serait important que les employeurs aient un minimum de compréhension pour les nouveaux travailleurs qui sont sur le marché du travail et qui viennent de finir leurs études en leur offrant le salaire minimum qui reflète les compétences qu’ils apportent à l’organisation.

Saviez-vous que, même avec un salaire minimum et 35 heures de travail à Ottawa, il est impossible de payer son loyer et ses factures pour survivre sans s’endetter ? Malgré cela, il faudrait accepter de faire des stages sans aucun revenu pour acquérir de l’expérience. Ce n’est même pas le cas pour un caissier au McDonald. J’ai trouvé cela bizarre, mais je n’ai pas posé de questions parce que je n’en connaissais rien de mieux. Je pensais que c’était ça la nouvelle façon de débuter une carrière jusqu’à ce que les gens me fassent réaliser que c’était du bénévolat pour faciliter la vie des employeurs. Ce n’est pas en rejetant la jeunesse et en nous laissant dans le néant que le futur deviendra meilleur. Exploiter les jeunes d’aujourd’hui n’est pas une solution à long terme.

Tout cela pour vous dire que si vous avez été ou êtes un contractuel, je vous comprends plus que vous ne le pensez. J’ai obtenu ce poste il y a seulement un mois et demi et j’ai alors pu commencer à respirer. Je peux me permettre d’être malade et ne pas avoir à stresser que je ne gagne aucun revenu ce jour-là. Je peux maintenant partir en voyage payer en sachant que j’ai un emploi à mon retour. Je peux commencer à faire des plans pour le futur en sachant que je reçois un salaire juste et équitable. C’est ce que j’appelle avoir une carrière.

Si votre emploi n’est pas syndiqué et que vous voulez avoir des bénéfices et des avantages sociaux qui correspondent au travail que vous faites, je vous invite à nous contacter. Les appels restent confidentiels, car nous voulons seulement que les droits des travailleurs soient respectés. Vous allez travailler la majorité de votre vie et il est important qu’une notion de respect soit appliquée entre employeurs et travailleurs, qu’en pensez-vous ?

0 Partages