Le 15 avril 2013, le magazine MacLeans a publié une cinglante critique des salaires que gagnent des travailleurs et travailleuses essentiel(le)s tels que pompiers, policiers ou encore enseignants. L’auteure s’attaque aux syndicats qu’elle accuse d’être à l’origine du problème.

Le confrère Chad Kemery, président de la Section locale 40403 de l’UCET et pompier à l’aéroport de Regina, a envoyé une lettre à la rédaction du magazine pour rectifier les mauvaises informations diffusées dans cet article et exprimer ses points de vue et sa frustration. Bien que la rédaction n’ait pas jugé bon de la publier nous avons pensé qu’elle valait la peine d’être lue.

 

Lettre à la rédaction

En tant que pompier, je suis offensé par l’article publié le 15 avril intitulé «  The $100,000 club:  Who’s really making big money these days » (Le club des 100 000 $ : qui fait vraiment beaucoup d’argent ces temps‑ci) dans lequel son auteure juge que la rémunération que reçoivent les pompiers, les policiers et les enseignants est scandaleuse.

Le mépris avec lequel Nancy Macdonald, l’auteure de cet article, fait référence aux individus qui occupent de telles professions comme des « travailleurs et travailleuses soi‑disant essentiel(le)s » nous amène à nous demander s’il s’agit d’un article d’opinion plutôt que d’un travail de recherche bien fait. Je trouve invraisemblable que quelqu’un puisse mettre en doute le caractère essentiel des services de police, d’incendie ou encore paramédicaux. Si sa maison venait à s’enflammer ou bien si elle était victime d’un crime, ne voudrait‑elle pas alors savoir qu’il y a toujours quelqu’un pour l’aider?

Qui plus est, certains des faits avancés dans cet article sont faux. À aucun moment prend‑elle en considération les années de service que ces hommes et femmes ont consacrées à leur carrière, au nombre réel d’heures supplémentaires imposées par l’employeur pour que le travail soit bien fait ou encore la catégorie ou la ville où ces personnes travaillent.

Selon Statistique Canada, ces Canadiens et Canadiennes considéré(e)s comme les mieux rémunéré(e)s au pays comprennent des hauts gestionnaires du milieu de la radiodiffusion, des magasins à rayon et des institutions financières, ainsi que des gestionnaires du domaine bancaire, du crédit ou encore des investissements. Mme Macdonald s’attend‑elle à ce que le public accepte que ces carrières valent davantage que celles des policiers, des pompiers ou des enseignants? Elle ne se plaint pas des frais bancaires ni des sommes qu’il faut payer pour avoir la télévision par câble, lesquels appuient ces salaires bien au‑delà de 100 000 $.

L’article de Mme Macdonald n’est rien d’autre qu’une attaque camouflée contre les syndicats qui luttent pour améliorer les normes selon lesquelles les individus sont rémunérés. Si les syndicats lui posent problème, dans ce cas il lui suffit de le dire et de bien préciser que tel est le point sur lequel elle veut insister dans cet article. Elle ne devrait en aucun cas s’attaquer à ceux et celles qui ont choisi de se mettre au service de nos communautés en protégeant ce que nous possédons et ceux et celles que nous aimons.

Le 15 avril 2013, le magazine MacLeans a publié une violente critique des salaires que touchent les travailleurs de services essentiels comme les pompiers, les policiers ou encore les enseignants. L’auteure s’attaque aux syndicats comme étant la raison de ce problème.

 Chad Kemery

Président de la Section 40403 de l’UCET

 

0 Partages