Les négociations entre l’AFPC et Parcs Canada ont débuté dès le mois de janvier 2019, étant donné que la convention collective était arrivée à échéance le 4 août 2018. Pour bien préciser les choses, ajoutons que l’UCET représente le personnel de Parcs Canada qui travaillent le long des réseaux de canaux : Rideau, Chambly et Sault-Ste, Marie, ainsi que la voie navigable Trent-Severn. Ces négociations ont été difficiles avec cet employeur qui se présente à chaque occasion à la table non seulement à reculons mais sans être préparé à discuter. En juillet dernier, l’AFPC a déclaré être dans une impasse, ce qui a enclenché un nouveau processus.

En vertu de la Loi sur les relations de travail dans le secteur public fédéral, une fois une impasse ainsi déclarée, une commission de l’intérêt public (CIP) est créée, son objectif étant d’aider les deux parties à en arriver à une entente. Cette CIP peut n’être composée que d’un seul membre ou bien d’un panel de trois personnes (à la demande de l’une des deux parties concernées). Un tel panel de trois membres comprend alors un(e) président(e) nommé(e) par la Commission des relations de travail, les autres membres l’étant par le syndicat et la direction. Le syndicat et l’employeur remettent un mémoire détaillant leurs positions respectives sur les points en suspens, lors d’une audition, après quoi la CIP publie son rapport accompagné d’une recommandation en vue d’une entente. Toutefois, une telle recommandation n’est pas exécutoire.

Une fois le rapport de la CIP publié, l’équipe de négociation se réunit de nouveau pour discuter des recommandations. L’AFPC s’attend à ce que par la suite l’équipe de négociation et les représentant(e)s du gouvernement reprennent les négociations.

Le confrère Daniel Britton fait partie de l’équipe et y représente l’UCET. Au cours d’une conversation, il a laissé entendre que les membres étaient exténués et ce, pour des raisons fort valables. En effet, au cours des cinq dernières années, les membres préposés aux canaux ont vu la durée de la saison navigable réduite, ce qui s’est traduit par une perte d’heures de travail. À cela est venu s’ajouter des mesures relevant du réaménagement des effectifs, une période durant laquelle ils ont dû attendre avant de savoir si eux-mêmes ou bien des collègues auraient toujours un emploi. Plus récemment, ils ont fait face aux innombrables problèmes résultant du fiasco bien connu du système de paye Phénix. Tous ces événements et autres mesures du genre ont porté un sévère coup à leur moral, et leur ont donné l’impression que l’on cherchait à les abattre pour de bon !

Toutefois, Daniel a ajouté que malgré cette bien triste situation, de telles mesures et autres actions sont en fait une source de motivation, précisant que « ce qu’il s’est passé durant la période du réaménagement des effectifs nous (c’est-à-dire l’équipe de négociation) a inspiré à bien nous assurer d’être mieux protégés ».

Daniel s’est dit fort déçu par l’attitude adoptée par l’employeur lors de ces négociations. « Lors d’une des rondes de discussions, ses représentant(e)s sont arrivé(e)s à la table avec en main trois petits bouts de papier – une telle attitude nous a fait comprendre à quel point ils/elles étaient prêt(e)s à travailler avec nous. En fait, ils/elles attendaient de nous rien d’autres que des concessions. »

Les enjeux auxquels les membres des canaux sont confrontés sont notamment les suivants :

  • L’employeur veut calculer le congé pour responsabilités familiales proportionnées aux heures de travail, ce qui veut dire que si vous travaillez 0,63 d’un poste à temps plein vous n’aurez droit qu’à 0,63 de ce congé.
  • L’employeur cherche à ne plus distribuer les conventions collectives en version papier sous prétexte que les stations des sites sont équipées du réseau Internet. « L’employeur se refuse à reconnaître la réalité du terrain, soit que des travailleurs et travailleuses ont un accès limité à un ordinateur, voire aucun », a tenu à préciser Daniel.
  • La demande de descriptions de travail d’un site ou d’une région à l’autre n’est pas cohérente. En effet, dans de nombreux cas, ces descriptions sont périmées.

Et maintenant … que va-t-il se passer ?

Pendant que nous attendons la décision de la CIP, nous invitons les travailleurs et travailleuses des canaux à appuyer de toutes leurs forces leur équipe de négociation. L’élection fédérale n’étant plus très loin, le moment est opportun pour soulever les préoccupations que nous causent les négociations auprès de vos candidat(e)s qui veulent votre voix !

Pour voir les enjeux et les questions à poser aux différents partis politiques cliquez ici

« Tout ce que nous (l’équipe de négociation) faisons a pour but ultime d’en arriver à une convention collective bien ‘ficelée’ pour le bienfait de tout le monde », a précisé Daniel.

0 Partages